« Sur le terrain, nous avons la chance de nous appuyer sur un réseau de femmes et d’hommes d’exception qui, sans relâche, se battent pour offrir un avenir meilleur aux leurs. Nous nous devons de rester présents à leurs côtés. : leur courage et leur détermination forcent le respect et donnent tout son sens à notre engagement. »
Dans le cadre de collaborations au sein d’un réseau d’experts internationaux, la Fondation Mérieux organise des rencontres scientifiques sur les avancées médicales et les grands sujets dans le domaine de la lutte contre les maladies infectieuses. Ces événements participent à la diffusion des connaissances, à l’élaboration de stratégies mondiales coordonnées et à une meilleure prévention des risques épidémiques et pandémiques.
Contribuer à l’élaboration de stratégies intégrées de prévention et de gestion des arboviroses
Du 8 au 10 décembre 2025, la Fondation Mérieux a organisé une rencontre internationale de haut niveau consacrée aux arboviroses, maladies vectorielles transmises par des arthropodes piqueurs, telles que la dengue, le chikungunya, Zika et la fièvre jaune. L’urbanisation rapide, le changement climatique et l’intensification des mobilités humaines favorisent la prolifération et l’expansion géographique des vecteurs, exposant des populations toujours plus nombreuses au risque d’infection.
La rencontre a réuni une quarantaine d’experts scientifiques, représentants d’organisations internationales et d’autorités sanitaires, chercheurs et acteurs du secteur privé dans la perspective d’apporter un éclairage sur la situation épidémiologique actuelle dans les zones les plus touchées, tout en encourageant l’échange de bonnes pratiques en matière de surveillance, de lutte antivectorielle et de réponse aux épidémies.
Rencontre internationale sur les arboviroses au Centre des Pensière
Les échanges se sont appuyés sur des retours d’expérience couvrant les sujets liés à la vaccination, à l’engagement communautaire, aux outils diagnostiques, aux traitements, ainsi qu’à la recherche et aux essais cliniques. Parmi les conclusions ayant émergé : la nécessité d’agir dans le cadre d’approches coordonnées et complémentaires et le besoin d’élaborer des stratégies intégrées de gestion des arbovirus. L’événement a été organisé avec l’appui de l’OMS et grâce au soutien financier des laboratoires Takeda Pharmaceuticals, Valneva et Sanofi.
Un projet ancré dans une dynamique de partenariat de terrain
En 2026, le cadre mondial relatif à la lutte contre les arbovirus évolue avec la fusion de deux initiatives préexistantes – la stratégie EYE contre la fièvre jaune (Eliminate Yellow fever epidemic)
et l’Initiative mondiale contre les arbovirus (GLAI) – pour former le nouveau Programme Mondial de l’OMS sur les arbovirus. Il s’agit de dynamiser les efforts de santé mondiale contre les maladies prioritaires dans le cadre d’une stratégie unifiée permettant d’appréhender la nature multisectorielle des arboviroses (sensibles au climat, transmises par des vecteurs, évitables par la vaccination, pertinentes pour l’approche « One Health »). Ce programme s’appuiera sur les acquis, les réalisations et les enseignements des travaux précédents pour lutter contre toutes les arboviroses dans un cadre collaboratif et transversal.
Renforcer la coopération régionale pour l’élimination de l’hépatite
Après plusieurs rencontres virtuelles, le symposium sur les hépatites du Mékong s’est de nouveau tenu en présentiel les 4 et 5 juin 2025 à Vientiane au Laos, en présence de cliniciens, de chercheurs et d’experts d’Asie du Sud-Est. Lancé en 2012 sous les auspices du ministère de la Santé du Laos, le symposium reflète aujourd’hui un effort de collaboration unique, impliquant le Cambodge, la Chine, la Thaïlande, le Vietnam, l’Australie, le Myanmar et l’Inde. Cet événement régional majeur, organisé par le Centre d’Infectiologie Lao-Christophe Mérieux, est désormais reconnu comme une plateforme clé pour le partage des connaissances sur l’hépatite et l’alignement des politiques nationales.
Symposium régional sur les hépatites du Mékong à Vientiane
En 2025, le symposium s’est ouvert sur un discours du ministère laotien de la Santé et de l’Ambassadeur de France. Plusieurs études cliniques récentes ont été présentées, telles qu’un essai sur la vaccination des nourrissons en République démocratique populaire lao et en Thaïlande, ou les modèles innovants de détection des cas au Cambodge et au Viêt Nam. Les stratégies de traitement et les complications à long terme, telles que la cirrhose et le cancer du foie, ont également été discutées. À l’issue de l’événement, le comité scientifique a émis des recommandations et renouvelé son appel à la collaboration transfrontalière. Avec un objectif résumé par le Docteur Soe Thet Lwin, du Réseau asiatique de réduction des risques du Myanmar : « Nous devons passer d’efforts fragmentés à des modèles de soins intégrés, en particulier pour les populations les plus à risque ».
Le symposium 2025 sur les hépatites a bénéficié du soutien opérationnel de la société lao Open Sources Technology Sole et des partenaires tels que l’Ambassade de France au Laos, l’Université de Chiang Mai en Thaïlande, l’INSERM et l’Institut Pasteur du Cambodge.
Une région sous pression
Alors que la région s’est engagée à atteindre l’objectif d’élimination de l’OMS pour 2030, le symposium 2025 sur l’hépatite du Mékong réaffirme l’importance du leadership local, de l’unité régionale et de l’innovation fondée sur des données probantes. « Il y a des progrès, mais aussi des lacunes persistantes, notait le Dr Paboriboune du Centre d’Infectiologie Lao-Christophe Mérieux. L’une de nos missions est de mettre en lumière les innovations locales et d’encourager les stratégies évolutives, des zones rurales éloignées aux systèmes de santé nationaux. » Avec un taux de prévalence de l’hépatite B compris entre 4 et 6 % et la plus forte incidence de cancer du foie au monde, le Laos est confronté à un fardeau particulièrement préoccupant, illustrant le besoin urgent d’efforts concertés pour détecter, traiter et prévenir l’hépatite.