Depuis 2007, l’OMS recommande l’introduction du vaccin PCV dans les programmes de vaccination infantile afin de lutter contre Streptococcus pneumoniae, l’un des principaux agents responsables des infections respiratoires basses chez les enfants de moins de cinq ans. Comme les bénéfices de cette stratégie varient selon le contexte, le taux de couverture vaccinale et la diversité des souches en circulation, la Fondation Mérieux a réalisé l’étude PCV dans le but de guider les décisions de santé publique et améliorer la lutte contre les infections pneumococciques dans les régions à haut risque.
L’étude porte sur l’évaluation de la prévalence de la colonisation par Streptococcus pneumoniae dans un contexte de déploiement récent du PCV : elle a été réalisée en milieu hospitalier au Cambodge, en Inde et au Paraguay chez les enfants de moins de cinq ans et leurs accompagnants adultes. Finalisée en 2025, elle a permis d’établir un protocole central pour générer les données de prévalence à travers les contextes épidémiologiques divers.
Les résultats délivrés par les laboratoires membres du réseau GABRIEL dans les trois pays d’étude montrent que la colonisation par le pneumocoque reste fréquente chez les enfants malgré l’introduction de la vaccination : plus de 30 % en Inde et au Cambodge et près de 40 % au Paraguay. L’étude révèle également un phénomène de remplacement sérotypique : c’est-à-dire le remplacement progressif des sérotypes vaccinaux par des souches non incluses dans le vaccin, indiquant que la dynamique des sérotypes demeure évolutive.
Ces données confirment l’importance de la surveillance pour ajuster les politiques vaccinales et anticiper l’émergence de nouveaux sérotypes potentiellement pathogènes. Au Paraguay, l’étude a également montré que la résistance aux antibiotiques est fréquente, et en augmentation par rapport à des études précédentes.