Temps fort 2020

COVID-19 : des moyens supplémentaires et un engagement sur le terrain au plus près des besoins

Les activités de la Fondation Mérieux n’ont pas été épargnées par la pandémie de COVID-19, qui a bouleversé les calendriers et a exigé la réorientation de certains projets afin de répondre aux besoins les plus urgents. Cette crise sanitaire sans précédent a mis en lumière l’impérieuse nécessité de mailler les territoires de dispositifs de dépistage robustes, atouts indispensables pour freiner la propagation des épidémies. Elle a également révélé la capacité d’adaptation des équipes de la Fondation, dont la forte présence sur le terrain aux côtés de nos partenaires a permis de réagir rapidement. Dans de nombreux pays, les réseaux de laboratoires affiliés à la Fondation ont contribué, parfois de manière très significative, à l’effort national de diagnostic de la COVID-19.

Un mécénat exceptionnel accordé par les actionnaires de bioMérieux

En 2020, le Conseil d’Administration de bioMérieux a pris la décision de réduire exceptionnellement son dividende au bénéfice d’actions d’utilité publique : 12 millions d’euros ont ainsi été versés à la Fondation Mérieux. Au total, 30 projets dans 19 pays à ressources limitées ont été initiés à la faveur de ce soutien, selon un double objectif de lutte contre la COVID-19 et de renforcement global des systèmes de santé. Ces actions couvrent la construction ou la rénovation d’infrastructures, la fourniture d’équipements de laboratoire, la formation et le partage des connaissances, ainsi que la recherche.

Parmi ces initiatives :

  • La construction d’un Laboratoire Rodolphe Mérieux P3 dédié à la tuberculose au sein de l’Institut Pasteur du Maroc ;
  • L’agrandissement du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux de Madagascar ;
  • L’achat d’équipements destinés aux laboratoires du réseau GABRIEL ;
  • Le projet de construction d’un nouveau centre Bioforce à Amman en Jordanie ;
  • L’attribution de bourses à deux étudiants bangladais dans le cadre d’une formation délivrée par l’Université Erasmus de Rotterdam aux Pays-Bas.

Renforcer les capacités locales de dépistage

Dès janvier 2020, la Fondation s’est mobilisée pour approvisionner les laboratoires partenaires ayant des capacités de dépistage limitées : au total, près de 90 000 kits de tests ont été envoyés dans treize pays, accompagnés d’un programme de transfert de compétences.

Désignés laboratoire national de référence ou laboratoire de soutien pour les tests du SARS-CoV-2, plusieurs Laboratoires Rodolphe Mérieux ont joué un rôle clé de surveillance de l’épidémie. Au Mali et à Madagascar, les équipes se sont mobilisées dès les premiers signes d’alerte épidémique. A Beyrouth, le laboratoire a été sollicité par le ministère de la Santé du Liban pour réaliser le diagnostic COVID-19 aux côtés du laboratoire de l’Hôpital Universitaire Rafic Hariri. Les activités ont commencé dès le 7 mars 2020 et le laboratoire fait désormais partie des cinq structures de référence du ministère de la Santé.

Au Brésil, le Laboratoire Rodolphe Mérieux de Rio Branco a été la première structure de l’état d’Acre à prendre en charge les tests COVID-19. Le laboratoire reçoit les confirmations de test de tout le pays, mais également les tests de villes frontalières du Pérou et de Bolivie. Il réalise aujourd’hui plus de 70 % des tests COVID-19 de l’état d’Acre. Au Cambodge, le Laboratoire Rodolphe Mérieux a été habilité par le ministère de la Santé et l’OMS pour la réalisation du diagnostic COVID-19.

En République démocratique du Congo, le Laboratoire Rodolphe Mérieux de Goma est également un acteur central dans la lutte contre l’épidémie COVID-19 : plus de 200 tests sont réalisés quotidiennement dans le cadre de la surveillance locale et de celle des voyageurs (vols nationaux et internationaux).

Accompagner les professionnels de santé

Malgré les restrictions de déplacement imposées par le contexte sanitaire, les experts de la Fondation ont maintenu des échanges réguliers avec les réseaux de laboratoires, les responsables de santé et les partenaires sur le terrain. Un webinaire dédié au diagnostic COVID-19 a été organisé le 15 septembre 2020. Animé par une professeure de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, il a été suivi en direct par 400 participants.

La Fondation a également adapté et traduit en français un MOOC (Massive Open Online Course) sur le diagnostic de la COVID-19. Ce projet a été mené en collaboration avec FIND (Foundation for Innovative New Diagnostics), l’ASLM (African Society of Laboratory Medicine) et la London School of Hygiene and Tropical Medicine afin d’accompagner la montée en compétences des techniciens de laboratoires dans la prise en charge des techniques de dépistage moléculaire.

Adapter les projets en cours

Plusieurs projets déjà initiés ont bénéficié de subventions supplémentaires ou de réallocations budgétaires pour répondre à l’urgence COVID-19. Cette capacité d’adaptation doit beaucoup aux liens de confiance entretenus par la Fondation et ses partenaires financiers.

Ainsi, les projets RESAOLAB en Afrique de l’Ouest et LABOGUI en Guinée ont bénéficié d’un soutien complémentaire de l’Agence française de développement (AFD), qui a été affecté à la mise en place de nouvelles plateformes de biologie moléculaire et à l’amélioration de la biosécurité. Les projets APRECIT (Cameroun et Madagascar) et EVAMAD (Madagascar) ont également bénéficié d’un renfort d’Expertise France qui a permis à la Fondation de fournir des équipements de protection, des réactifs et des consommables et de délivrer des formations. En Haïti et au Myanmar, la question de l’accès au diagnostic moléculaire, de l’amélioration de la résilience des systèmes de laboratoires et de la décentralisation des capacités diagnostiques ont également donné lieu à l’instruction de nouveaux projets.

Initier des programmes de recherche

Plusieurs programmes collaboratifs de recherche ciblés sur la COVID-19 ont été lancés en 2020, au premier rang desquels une étude multicentrique visant à évaluer le risque de transmission nosocomiale du SARS-CoV-2. Initiée en partenariat avec les Hospices Civils de Lyon, l’étude NOSO-COR est menée dans sept pays sur quatre continents (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Burkina Faso, Bangladesh, Brésil et Liban) et bénéficie de l’appui financier de la Bill & Melinda Gates Foundation. La Fondation AnBer soutient en France le volet de l’étude mené dans les Hospices Civils de Lyon.

Deux autres programmes de recherche COVID-19 ont été lancés en 2020 : une étude ciblant les migrants dans les camps de réfugiés au Bangladesh et au Kenya, et une étude sérologique sur le statut immunitaire des soignants exposés à la COVID-19 à Madagascar.

Rester mobilisé en faveur des populations vulnérables

Si la crise sanitaire a ébranlé les systèmes de santé jusqu’aux plus robustes, elle a également très vite accentué les difficultés d’accès à la santé pour les plus vulnérables. La Fondation a ainsi renforcé son engagement pour ces populations en adaptant ses soutiens autour de la lutte contre la COVID-19, parmi lesquels :

  • A Madagascar, après avoir appuyé l’association Akamasoa et l’OSCAPE dans la réalisation et la distribution de masques lavables, la Fondation a réalisé une dotation d’équipements de protection individuelle, petits équipements et consommables à destination des associations partenaires, œuvrant auprès des populations vulnérables souvent précarisées.
  • En Irak, les bénéficiaires du centre médico-social dédié aux femmes et enfants Yézidis de Shekan se sont mobilisés pour confectionner 20 000 masques qui ont été distribués dans les hôpitaux, camps de réfugiés et commissariats de la région. Les activités génératrices de revenus du centre, habituellement consacrées à la réalisation de pâte de sésame, ont été converties à la fabrication de savon pour rendre possible l’application des gestes barrières.
  • Au Liban, le centre médico-social dans la plaine de la Bekaa, mis en service en début d’année, a permis à la population locale, isolée et principalement composée de réfugiés, d’accéder aux tests de dépistage.

Mobilisation au sein du réseau GloPID-R

Initiative internationale visant à accélérer les activités de recherche en cas de menace épidémique, le programme GloPID-R (pour Global Research Collaboration for Infectious Disease Preparedness) a naturellement fait l’objet d’une mobilisation intense dès le mois de janvier 2020. Parmi les réalisations : la co-organisation avec l’OMS du « Forum mondial de la recherche et de l’innovation » en février, l’identification des priorités de recherche COVID-19 dans neuf domaines et la mise en place d’un projet centré sur les pays à faibles ressources.

En 2020, le nombre de collaborateurs basés sur le terrain a dépassé le nombre de collaborateurs travaillant au siège de la Fondation. Cette présence locale renforcée a joué un rôle essentiel, rendant possible ce soutien d’urgence face à la crise sanitaire tout en poursuivant le développement des projets en cours.
© Amel Association

Temps fort 2020

Nos priorités de santé publique en 2020

Malgré les difficultés causées par la crise sanitaire, l’année 2020 a enregistré d’importantes avancées sur les thématiques prioritaires portées par la Fondation : la résistance aux antimicrobiens, la tuberculose, les infections respiratoires aiguës et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Des priorités de santé publique au fardeau particulièrement lourd dans les pays à ressources limitées, autour desquelles la Fondation Mérieux a réaffirmé la mise en œuvre d’une approche transdisciplinaire. Cette année, dans le domaine des infections respiratoires aiguës, les programmes ont été majoritairement orientés sur des programmes de lutte contre la COVID-19.

Lutte contre la tuberculose

Les actions de la Fondation dans le champ de la tuberculose visent à améliorer l’accès au diagnostic et à renforcer les capacités de recherche, suivant deux objectifs : promouvoir l’accès à un diagnostic de qualité et aux innovations technologiques adaptées aux besoins des pays à ressources limitées et évaluer l’impact médical de programmes d’intervention communautaire. Ces actions participent à l’initiative « End TB » de l’OMS, qui vise à réduire le nombre de décès liés à la tuberculose de 95 % et le nombre de nouveaux cas de 90 % entre 2015 et 2035.

La Fondation Mérieux soutient les projets de recherche opérationnelle associant des cliniciens, biologistes, scientifiques, agents communautaires et acteurs gouvernementaux, dans l’objectif de maximiser l’impact des projets au bénéfice des populations vulnérables. Des moyens importants sont consacrés au diagnostic des formes résistantes et multirésistantes de la maladie, qui nécessite des installations de biosécurité de niveau 3 (laboratoire P3). En 2020, le programme SPHaïtiLAB s’est concrétisé par la publication des résultats d’une évaluation épidémiologique nationale de la circulation de souches résistantes, basée sur une étude collaborative menée par 15 laboratoires périphériques.

Améliorer l’accès au diagnostic et les capacités de recherche

Le projet HINTT, qui est également arrivé à terme en 2020, a permis d’identifier un nouveau test diagnostic qui fera l’objet d’études complémentaires afin de confirmer son intérêt dans le suivi des tuberculoses pédiatriques. A Madagascar et au Cameroun, le projet APRECIT combine étroitement des activités de recherche avec une stratégie d’intervention communautaire dans l’objectif d’améliorer la prévention et la prise en charge des tuberculoses latentes dans des groupes à haut risque.

Laboratoire Rodolphe Mérieux du Liban en première ligne

Le Laboratoire Rodolphe Mérieux, Centre National de Référence de la tuberculose au Liban, est chargé du diagnostic et de l’étude des formes résistantes de la maladie. A la suite de l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020 et à la destruction du bâtiment du Programme National de Lutte contre la Tuberculose, le laboratoire assure la continuité de service à travers la prise en charge du diagnostic primaire.

Lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM)

La Fondation Mérieux s’est engagée dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, ciblant initialement la tuberculose et le VIH, puis dans le cadre de l’alerte donnée par l’OMS en 2015 (Plan mondial de lutte contre la résistance aux antimicrobiens). Son action s’inscrit dans la perspective de renforcer la surveillance à travers la mise en place de laboratoires de biologie médicale aptes à effectuer des examens de culture et de sensibilité aux antibiotiques.

Lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM)

Aujourd’hui, la Fondation Mérieux déploie une approche intégrée qui dépasse le renforcement des capacités microbiologiques et des systèmes de surveillance pour intégrer toutes les facettes de la lutte contre la RAM : une stratégie « One Health » traitant de l’interdépendance des enjeux humains, vétérinaires et environnementaux, un axe opérationnel lié à l’amélioration de la prescription d’antibiotiques, ainsi que des actions de sensibilisation aux pratiques d’hygiène. Les projets menés à Madagascar sont représentatifs de cet engagement multi-sectoriel allant du renforcement des capacités diagnostiques à la rationalisation de la prescription des antibiotiques en passant par des actions de prévention auprès des communautés les plus défavorisées.

Structuration des activités de surveillance microbiologique

La Fondation soutient le réseau RESAMAD à Madagascar, qui recueille la majeure partie des données de RAM de l’île via le système mondial de surveillance de l’OMS (plateforme GLASS). Grâce au financement du Fleming Fund (programme UK-Aid fléché sur la lutte contre la RAM), la Fondation apporte également son soutien à neuf laboratoires du Laos et du Myanmar. Au Sénégal, le programme Fellowship Scheme permettra d’améliorer la surveillance à travers la mise en œuvre d’un programme de mentoring (avec les experts de la Fondation, de l’APHP et de VetAgro Sup). Autre projet de formation également soutenu par le Fleming Fund : le programme QWArS, qui vise à développer la formation continue des personnels de laboratoire et des épidémiologistes impliqués dans la surveillance de la RAM dans 17 pays d’Afrique et d’Asie.

Approche One Health

La Fondation participe à l’étude TRICYCLE, programme de surveillance de l’OMS qui propose de déterminer la prévalence d’un indicateur clé de résistance (en l’occurrence les entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu) dans la population humaine, la chaîne alimentaire et l’environnement. Initiée à Madagascar sur un financement d’amorçage de la Fondation, et s’appuyant sur l’expertise microbiologique du Laboratoire Rodolphe Mérieux à Antananarivo, l’étude sera élargie à plusieurs autres pays grâce à un financement européen (JPI-AMR) obtenu en 2020 dans le cadre du projet TRIuMPH.

Utilisation raisonnée des antibiotiques

La Fondation a initié en 2020 le projet TSARA mené dans cinq hôpitaux malgaches. Il vise à s’appuyer sur les données des laboratoires pour adapter la prescription des antibiotiques faite par les cliniciens. TSARA poursuit deux objectifs : améliorer la prise en charge des patients par l’administration d’antibiotiques appropriés et éviter ainsi de générer l’apparition de nouvelles résistances. Un projet novateur dont le concept sera transposé dans d’autres pays d’intervention de la Fondation.

Dimension éducative

La Fondation Mérieux prend part à plusieurs initiatives de sensibilisation autour des règles d’hygiène ayant un impact sur l’antibiorésistance : des actions en lien avec les autorités et le tissu associatif local auprès des enfants et des familles sur les thématiques de santé liées à la vie quotidienne, comme à Madagascar à travers la distribution de kits éducatifs, ou au Mali avec le projet « La main à la pâte » (conception d’outils d’auto-formation mis à la disposition des enseignants des pays membres du réseau GABRIEL).

Acces aux tests et soutien aux personnes vivant avec le VIH

La Fondation Mérieux s’est engagée dans le champ de la quantification de la charge virale VIH, qui permet non seulement de surveiller et d’adapter le traitement des patients, mais contribue également à réduire le risque de résistance aux antirétroviraux et à ralentir la transmission du virus. Au Laos, à Madagascar et au Myanmar, le soutien de la Fondation aux programmes d’amélioration de l’accès au test de la charge virale VIH contribue à atteindre les objectifs 95-95-95 de l’ONUSIDA d’ici 2030, en particulier celui d’avoir une charge virale indétectable pour 95 % des personnes sous traitement antirétroviral.

Améliorer l’accès au test de la charge virale

A Madagascar, la Fondation est active depuis 2015 sur la thématique et a démarré en 2020 le projet EVAMAD mené avec le soutien d’Expertise France dans le but d’améliorer la couverture du test de la charge virale tout en rationnalisant l’utilisation des outils diagnostiques disponibles dans le pays. Un financement supplémentaire a été apporté afin d’aider les centres de prise en charge à assurer la continuité de soins malgré l’épidémie de COVID-19 et une étude sur la co-infection VIH/COVID-19 a été mise en place. Au Laos, le Centre d’Infectiologie Lao Christophe Mérieux de Vientiane est le centre de référence national de dépistage du VIH. Entre 2011 et 2020, il a pris en charge les tests de charge virale et de sensibilité aux antirétroviraux pour toutes les personnes vivant avec le VIH dans le pays, grâce à un partenariat avec le Programme national VIH et avec le soutien du Fonds Mondial. Ces tests seront décentralisés à partir de 2021.

Prévention et dépistage du VIH

En parallèle, la Fondation soutient des projets d’amélioration du diagnostic des maladies infectieuses chez les personnes vivant avec le VIH, population particulièrement vulnérable aux infections opportunistes, ainsi que les initiatives de prévention et les programmes d’assistance aux malades. A Madagascar, la Fondation travaille avec l’association locale Akamasoa et participe à la sensibilisation autour du dépistage du VIH (1 800 femmes dépistées par l’association en 2020) et à la mise en place de campagnes d’éducation de santé reproductive et de prévention des infections sexuellement transmissibles. En Haïti, la Fondation participe à une initiative d’insertion économique destinée aux femmes vivant avec le VIH, menée avec ACME, l’Association pour la Coopération avec la Micro-Entreprise et le GHESKIO, partenaire historique de la Fondation. Le projet repose sur l’octroi de microcrédits et l’accompagnement à la mise en place d’une activité génératrice de revenus. En 2020, 576 personnes ont bénéficié d’un prêt.

Renforcer les laboratoires du réseau GABRIEL

La Fondation soutient les centres de diagnostic de la tuberculose de nombreux pays : Liban, Haïti, Laos, Mali, Géorgie, Tadjikistan, Ukraine, Bangladesh et Tunisie, membres du réseau GABRIEL. Le Laboratoire Rodolphe Mérieux de Beyrouth a été reconnu en 2018 Laboratoire National de Référence sur la tuberculose et le Centre d’Infectiologie Charles Mérieux de Madagascar sur la lèpre en 2016 (maladie causée par une bactérie voisine de celle qui est à l’origine de la tuberculose.)
© Martin Grosjean

Temps fort 2020

S’appuyer sur des systèmes de laboratoires pour renforcer durablement les capacités de diagnostic

Agir sur les infrastructures et les compétences des équipes est une étape indispensable au renforcement des capacités de laboratoires des pays à ressources limitées. Indispensable mais pas suffisante. Pour que les efforts financiers et humains portent durablement leurs fruits, les services de laboratoires doivent être organisés et leurs rôles définis à chaque niveau du dispositif des soins. Objectif : optimiser les ressources disponibles au périmètre d’une zone géographique. Forte d’une expérience de près de 20 ans dans l’accompagnement des laboratoires, la Fondation Mérieux promeut aujourd’hui systématiquement des actions de soutien à la gouvernance et à la structuration de systèmes de laboratoires robustes et pérennes.

La Fondation Mérieux travaille sur la mise en place de laboratoires de référence et d’excellence, les Laboratoires Rodolphe Mérieux, et sur la structuration de réseaux de laboratoires périphériques au contact des patients. Les Laboratoires Rodolphe Mérieux participent à la prise en charge du diagnostic biologique et à la surveillance épidémiologique. En tant que laboratoires experts, ils disposent de plateformes technologiques de biologie moléculaire et prennent en charge les analyses les plus complexes.

Dans les deux cas, la Fondation travaille main dans la main avec les autorités sanitaires locales afin de répondre au mieux aux besoins et de sensibiliser les décideurs à l’importance de structurer les activités de laboratoires et de mettre en place une direction chargée des services de laboratoire, composante essentielle des systèmes de santé nationaux.

Accompagner les politiques nationales de laboratoire

En Afrique de l’Ouest, dans le cadre du programme RESAOLAB par exemple, la Fondation est à l’origine de la création d’un réseau régional de partage de pratiques et de données, élément déterminant d’une surveillance épidémiologique efficace. Dans sa troisième phase de déploiement lancée en 2020, après avoir renforcé la gouvernance régionale et nationale des systèmes de laboratoires à travers le soutien à la création de Directions des Laboratoires, la Fondation s’est fixée pour objectif de renforcer le plaidoyer sur l’importance pour les pays d’allouer un budget de fonctionnement adéquat à ces directions afin d’assurer leur autonomisation.

Un nouveau projet de surveillance régional, SEALAB, a été lancé en 2020 en Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge et Myanmar) avec l’objectif d’accompagner les politiques nationales des laboratoires et d’en coordonner la structuration régionale. En Guinée, la Fondation accompagne depuis 2017 le ministère de la Santé dans la mise en place et en action d’une Politique Nationale de Biologie Médicale (financementde l’Agence française de développement). Le projet s’appuie sur la Direction nationale des Laboratoires et ses 34 laboratoires régionaux.

A Madagascar, l’appui au réseau de laboratoires RESAMAD, initié en 2006, inclut depuis 2020 un volet tout entier consacré à la structuration d’un réseau de surveillance des maladies infectieuses. Financé par USAID, il passe par l’élaboration d’un plan stratégique de développement des laboratoires en collaboration étroite avec le ministère de la Santé Publique.

Articuler les expertises et les moyens

Au Laos, la Fondation a accompagné la création d’un réseau de laboratoires dans la province de Bolikhamxay. Le dispositif BOLi-LAB repose sur six laboratoires de district chapeautés par un laboratoire provincial, lui-même intégré au réseau national piloté par le National Center for Laboratory and Epidemiology, qui participe étroitement à la définition des besoins. Une articulation qui fournit de la visibilité à chaque entité et offre de meilleures capacités de surveillance, de planification et de réaction. En 2020, fort de son succès, le projet a reçu une extension de 12 mois.

En République démocratique du Congo, le Laboratoire Rodolphe Mérieux de Goma est opérationnel depuis 2020. Initialement déployé en urgence en prévention d’une propagation de l’épidémie de maladie à virus Ebola, il participe au diagnostic du SARS-CoV-2 dans la partie est du pays et a pleinement joué son rôle de laboratoire sentinelle sous la tutelle de l’Institut National de Recherche Biomédicale de Kinshasa.

Les exemples sont nombreux et les projets soutenus par la Fondation reflètent des niveaux de maturité divers. Tous ont pour ambition de positionner le laboratoire comme un maillon à part entière des dispositifs de soins, mobilisé et reconnu comme tel.

Les systèmes de laboratoires, pour rationaliser et coordonner les services d’analyses

  • Une répartition équilibrée sur le territoire au regard des populations ;
  • Une organisation partagée et un pilotage centralisé ;
  • Un réseau à plusieurs niveaux offrant tous les services de diagnostics essentiels, le transfert des échantillons, des capacités de surveillance et de recherche ;
  • Une stratégie de mise en place de plateformes de diagnostic en fonction des besoins et de la situation de chacun des pays afin de répondre à leurs enjeux en la matière.

© Martin Grosjean